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Les femmes sont moteur des évolutions sociétales

Le 8 mars est la Journée internationale pour les droits des femmes. Officialisée par les Nations Unies en 1977, cette journée est l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes à travers le monde.

Qu’en est-il dans le funéraire ?

Il aura fallu l’abolition du monopole en 1993 pour bouleverser le socio-type et la perception des entreprises de pompes funèbres, une remise en cause ouvrant ce domaine à la concurrence et donc à l’initiative. Les femmes prirent leur part dans ce nouveau développement, de façon certes marginale, mais, avec les années, elles s’imposent à de nombreux postes clés des entreprises.

Si les femmes n’avaient pas leur place dans le domaine de l’entreprise funéraire, c’est tout simplement parce que ce concept n’existait pas en tant que tel jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En 1904 s’établit trois services distincts ; le service intérieur qui relève du culte, le service extérieur qui relève du monopole des communes et le service libre qui s’occupe des accessoires (poignées, croix, tentures, etc.). Ces services sont abrogés en 1993 par la Loi Sueur pour protéger les familles et mettre en place une vraie transparence des prix.

Avec la fin du monopole, l’entreprise funéraire est d’abord restée dans la continuité d’entreprises déjà en place. Marbriers ou encore menuisiers, ces professions artisanales étaient souvent, des entreprises familiales reprises par le fils et c’est encore le cas parfois aujourd’hui. Le regroupement d’activités au sein d’une agence funéraire a entraîné l’émergence de nouveaux besoins liés à l’accompagnement. C’est ainsi que les femmes, considérées comme plus enclines à l’empathie, ont commencé à intégrer le funéraire et les postes d’assistantes funéraires.

Devenues conseillères funéraires ou conseillères contrat obsèques, et pour certaines thanatopractrices, elles accèdent également à d’autres postes au sein des PME importantes ou des réseaux et groupements (ressources humaines, directions financières ou juridiques, voire direction générale d’entreprises privées, régies ou SEM…).

25 ans après la chute du monopole, le funéraire est certes toujours majoritairement masculin, les métiers d’agent funéraire ou de terrassement étant toujours réalisés par des hommes, mais la place de la femme dans le dispositif n’est plus taboue.

Qu’en pensent les femmes qui ont choisi de travailler dans ce secteur ?

L’autolimitation ou lorsque les femmes s’auto-censurent

La barrière qui empêche les femmes d’accéder à certains postes est-elle gardée par la profession elle-même ? Doit-on féminiser le funéraire ou masculiniser certains postes ?  Cette question est la même qu’il s’agisse de politique, de santé, de sécurité, etc.

Pour Flore de GRANDMAISON, Directrice juridique pour FUNECAP GROUPE, il existe aussi une forme « d’auto-censure » et la plus « grande misogynie peut souvent apparaître sous les traits d’une femme » ; elle rappelle l’importance de « renverser les apriori ». Pour Aurélie LAVAUD, Directrice comptabilité, fiscalité et trésorerie pour FUNECAP GROUPE, « les femmes peuvent paraître aussi moins ambitieuses que les hommes et ne savent pas forcément se promouvoir ».

Une manière d’aborder différemment le travail

Pour Aurélie LAVAUD, les femmes « portent un regard différent sur les choses, les hommes peuvent être plus facilement dans la compétition alors que les femmes sont efficaces et abordent le travail davantage dans le calme et en douceur tout en favorisant le travail en équipe. Je pense que les femmes apportent aussi plus de bienveillance et d’humanité dans leur management ».

Notre Directrice comptable applique au sein de son équipe les valeurs intrinsèques au groupe : l’humain. « Il faut faire grandir les individus pour que leur potentiel et celui du collectif soit exprimé et en ce sens les femmes prennent plus de risques. Elles ont le courage de dire et le courage de faire. Étant moins axées sur l’aspect politique, elles travaillent dans l’intérêt de l’entreprise et non dans leur propre intérêt, sacrifiant parfois leur propre avancement ».

C’est aussi l’avis de Cécile GRARD, Responsable du Crématorium de Tergnier dans l’Aisne, « les familles trouvent que les femmes sont plus bienveillantes dans leur accompagnement, dans tous les cas elles ont une manière d’aborder le travail différente ». 

La mixité comme valeur essentielle

Cette reconnaissance de « la mixité » se retrouve comme une sorte de  trait commun. C’est d’ailleurs pour cela que Flore de GRANDMAISON considère que « la vraie richesse c’est la mixité ». C’est aussi l’avis de Karine GLORIE, contrôleuse de gestion pour La Société des Crématoriums de France : « La mixité donne quelque chose d’intéressant dans le partage d’expérience », elle observe qu’au sein de La Société des Crématoriums de France « hommes et femmes font exactement la même chose. Pour un maître de cérémonie, il ou elle exécutera de manière égale des tâches techniques liées à la crémation en elle-même et en ce sens c’est tout à fait pareil ».

Idem pour Aurélie LAVAUD, arrivée il y a 2 ans, elle recherche la mixité au sein de son équipe. Cette mixité n’est pas que genrée, cela peut-être aussi en termes d’âge mais aussi de parcours. « Homme ou femme tout le monde est différent » déclare Cécile GRARD. 

FUNECAP GROUPE femmes mixité

Lorsque la vie privée interagit avec la vie professionnelle

Là encore, Karine GLORIE, Aurélie LAVAUD et Flore de GRANDMAISON sont formelles sur « l’équilibre nécessaire à trouver entre la vie professionnelle et la vie privée ». Aurélie LAVAUD constate « l’impact que cela peut avoir dans l’organisation du travail quand les femmes doivent également jouer leur rôle de mère après le travail, qui se traduit parfois par des horaires de travail différents. Aujourd’hui en France on valorise trop le présentéisme, ce qui peut défavoriser les femmes qui travaillent en télétravail ou au 4/5 par exemple ».

En devenir

Si les postes de direction sont moins occupés par les femmes cela peut-être aussi pour une raison plus pragmatique que Karine GLORIE explique ainsi : « il y a 10 ans il y avait tout simplement moins de femmes dans le secteur funéraire, dans 10 ans il y aura plus de femmes à des postes de directrice, notamment de crématoriums ».

Aurélie LAVAUD rappelle que cette situation n’est pas le fait exclusif du funéraire : « c’est pareil dans tous les secteurs. Les femmes en finance sont peu nombreuses à des postes décisionnels par exemple ». Pourtant constate Karine GLORIE « les femmes ont apporté un nouveau regard et les grandes avancées en termes d’accompagnement et de personnalisation des cérémonies sont en partie le résultat de propositions faites par des femmes ».

Pour Cécile GRARD qui travaille dans le funéraire depuis cinq années, « les choses changent doucement, elles évoluent même si le secteur peut encore être misogyne parfois en doutant de la capacité des femmes à résoudre des problèmes techniques ou logistiques ». 

Le secteur funéraire tout comme le monde de l’entreprise en général doit s’adapter aux perpétuelles évolutions des mœurs. Les femmes sont à l’image des familles qui entrent dans  les agences ; multiples, fortes de leurs qualités, de leurs faiblesses et résolument tournées vers l’avenir.